L’Italie en deuil

Tout juste une semaine après l’effondrement du pont Morandi qui a coûté la vie à plus de 40 personnes, l’Italie est en deuil. Les familles des victimes ont assisté samedi dernier à un hommage national, en présence des secours et des politiques italiens. Certaines familles ont préféré ne pas y assister pour des raisons d’intimité, tandis que d’autres ont appelé au boycott de cette cérémonie, qui n’a aucune valeur à leurs yeux. 

Le drame de l’Italie

A la veille du 15 août, journée très importante pour les Italiens, l’heure était à l’effondrement et à la tristesse. Le pont Morandi, ouvert à la circulation depuis 1967, s’est effondré en fin de matinée le 14 août dernier. Pendant plusieurs jours, les secours ont travaillé d’arrache pied pour extraire les corps de 43 personnes, pour la plupart, tuées sur le coup. Parmi les victimes se trouvaient quatre jeunes Français, venus en Italie pour profiter d’un festival de musique électronique, dans le sud du pays. L’émotion est très vive en Italie, d’autant plus à Gènes où les habitants ont encore du mal à réaliser le drame qui s’est joué en une poignée de secondes.

La colère des familles brisées

Malgré la tristesse qui a envahi ces quarante familles, certaines d’entre elles sont en colère contre le gouvernement italien, qu’elles considèrent responsable de l’accident du pont Morandi. Emprunté depuis plus de quatre décennies par des voyageurs du monde entier, la question de l’entretien des routes italiennes est très vite remontée à la surface. Cet accident aurait-il pu être évité ? Aussi consternant que cela puisse être, la réponse est bien évidemment oui. Depuis plusieurs années, le pont souffrait de nombreux problèmes structurels, remarqués dès son ouverture au public. Ces problème s’étaient récemment dégradés…

D’après le professeur Antonio Brencich, il y a eu dès le départ une “erreur d’ingénierie”, entrainant ainsi une erreur structurelle que les automobilistes locaux connaissaient bien : la route n’était pas lisse, expliquait le professeur dans un entretien datant de 2016, sur un site spécialisé. “Le viaduc Morandi a présenté dès le départ des aspects problématiques“, a-t-il déclaré. Des modifications ont été réalisées en surface, mais la structure n’a jamais été modifiée. Le professeur l’a rappelé mardi après l’effondrement du pont que les Génois surnommaient le “pont Brooklyn” : il présente “des problèmes évidents de vulnérabilité“, a-t-il avancé sur le site Linkiesta, comme le rapporte Le Monde. Il ajoute : “Après tout, s’il n’y en a que trois dans le monde, c’est qu’il y a bien une raison“.

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