Chelsea : le repli tactique de Roman Abramovich

Indexé au Royaume-Uni pour sa proximité avérée ou supposée avec les autorités russes, envahisseuses de l’Ukraine, le milliardaire dit se mettre en retrait de la gestion de sin club de Chelsea. Une décision plus symbolique qu’autre chose.

C’est un texte lourd sens, même s’il ne comprend qu’une centaine de mots. Pour la première en 19 ans, Roman Abramovich a indiqué, samedi 26 février à travers un communiqué, se mettre en retrait de la gestion de Chelsea, qu’il a racheté en 2003. « Je confie la gestion du club aux administrateurs de la fondation caritative », a-t-il notamment écrit, ajoutant que ces derniers sont mieux placés actuellement pour la charge.

Personne n’aurait pu voir cela venir. Tant le richissime homme d’affaires, bien qu’il n’ait jamais donné interview à ce propos, est omniprésent dans la vie de ce club du sud-ouest de Londres depuis qu’il en a pris les rênes contre un peu moins de 190 millions de dollars. Un moment fondateur du succès actuel de Chelsea, fondé en 1905.

Pression britannique

Mais rien n’est plus normal depuis que la Russie a pris la décision d’envahir l’Ukraine, jeudi 24 février. Une décision aux conséquences fâcheuses pour de nombreux intérêts russes à travers le monde. Roman Abramovich, ancien gouverneur du Tchoukotka, région de l’extrême orient russe, et réputé proche de Vladimir Poutine, a ainsi été visé par des appels aux sanctions au Royaume-Uni. Le député travailliste Chris Bryant a notamment déclaré qu’il n’avait plus le droit de posséder Chelsea, invitant le Premier ministre Boris Johnson à l’inclure dans sa liste des oligarques russes et autres intimes de Poutine désormais sous sanction britannique.

Il n’en est rien pour l’instant. Mais la pression s’intensifie et la liste des sanctions évolue d’heure en heure. C’est dire qu’Abramovich pourrait bien être prochainement visé. Même s’il n’a jamais clamé nulle part être proche de Poutine. Au contraire, sa plainte en diffamation contre l’auteure du livre Les hommes de Poutine, établissant une proximité entre le président russe et lui, a obtenu gain de cause.

Rien ne change

Mais en attendant, il semble avoir décidé de mettre Chelsea à l’abri à travers ce retrait. Reste que cela s’accompagne d’un flou artistique. Car rien ne change en réalité. Les Blues continuent d’être sa propriété et donc potentiellement bénéficiaire de son financement.  Comme ce fut le cas ces 19 dernières années à raison de plus d’un milliard de dollars.

Par ailleurs, des informations parues dimanche soir indiquent que les membres de la fondation attendent des éclaircissements quant au transfert du pouvoir communiqué samedi.

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