Discours de Macron : La suppression de l’ENA parmi les mesures qui devaient être annoncées

Le discours qu’aurait dû tenir Emmanuel Macron lundi soir (annulé à cause de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame), circule dans les médias français depuis le mercredi 17 avril. On y lit la suppression prochaine de l’ENA, l’école qui forme l’élite française. Cette mesure est déjà attaquée par plusieurs personnalités politiques, dont François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR).

Quand Macron s’attaque à l’ENA pour calmer le sentiment anti-élite des Français

Lundi 15 avril, Emmanuel Macron a dû annuler son discours sur les réponses au grand débat à cause de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le lendemain, sans trop savoir comment, ce discours a fuité dans la presse. Le mercredi, de nombreux médias en ont exposé des pans entiers. Parmi les mesures que le Chef de l’Etat s’apprêtait à annoncer, figure la suppression de l’ENA, cette école qui forme l’élite française. « Nous avons besoin d’une élite de décideurs. Simplement, cette élite doit être à l’image de la société et être sélectionnée sur des bases exclusivement méritocratiques. C’est pourquoi nous changerons la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA et plusieurs autres structures pour en rebâtir (rebâtir, voilà le terme qui revient sans cesse) l’organisation profonde. », lit-on dans le discours du locataire de l’Elysée. Le Président Macron ajoute que l’Etat « se doit en la matière de montrer l’exemple » en donnant à tous les jeunes « leurs chances en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale ».

« C’est une proposition assez démagogique »

Cette mesure annoncée par l’Elysée essuie déjà de vives critiques. François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR) juge par exemple « assez démagogique » ce projet de l’Etat. « C’est une proposition assez démagogique. Vous savez pourquoi il y a l’ENA ? Parce qu’il faut, pour devenir préfet, ambassadeur, directeur d’administration centrale, passer des concours. Et ça, ça découle directement de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 », a fait savoir l’ancien énarque sur France Inter, ce vendredi. Pour Français Asselineau, le problème de la société française actuelle ce n’est pas l’ENA. C’est plutôt le « fait que tous les pouvoirs ont été transférés ailleurs qu’en France, à la Commission de Bruxelles où, soit dit en passant, il n’y a pas d’énarques ».

Le problème ce n’est pas l’ENA, mais la formation qu’on y reçoit

L’écrivaine Adeline Baldacchino estime, quant à elle, que s’en prendre à l’ENA ne calmera pas la colère des Gilets Jaunes. « La vieille rengaine n’en finit pas de resurgir : faut-il supprimer l’ENA ? Elle en cache en vérité une autre, plus essentielle et plus subtile : suffit-il d’abattre le vieil arbre magique à l’orée de la forêt pour que celle-ci ne soit plus hantée ? Car le sujet n’est pas l’école, mais ce à quoi elle sert et ce qu’on en fait, au service de quelle politique », déclare d’emblée l’ancienne énarque. « Croit-on vraiment que les Gilets Jaunes ne soient obsédés que par l’idée de couper la tête de quelques énarques ? Et qu’il suffirait, pour rétablir l’ordre auquel tiennent tant nos gouvernants, de leur livrer quelques aspirants hauts fonctionnaires découpés en tranches sur l’autel de la bonne gouvernance ? », s’est interrogée Adeline Baldacchino. Puis de souligner que « Quoi qu’il en soit de la qualité des hommes et des femmes qui entrent à l’ENA, le problème tient au type de formation qu’ils y reçoivent – et aux instructions qu’ils appliquent ensuite, bien plus qu’aux modalités du recrutement ou de la sortie ».

 

 

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