Nosopharm : un médicament contre les infections nosocomiales

 

Nosopharm a annoncé, en juin dernier, des résultats positifs des études de toxicologie BPL de son antibiotique first-in-class NOSO-502. Un mois plus tard, le groupe a annoncé le remaniement de son conseil de surveillance pour poursuivre le développement de ce médicament jusqu’à la phase 1 des essais cliniques sur l’Homme.

De la problématique de l’antibiorésistance

Les maladies infectieuses sont une cause majeure de mortalité dans le monde. Elles ont entraîné plus de 8 millions de décès en 2019. Ces pathologies sont principalement dues aux bactéries pseudomonas aeruginosa, aux staphylococcus aureus et à l’Escherichia coli (26%). Cette dernière bactérie possède les souches les plus résistantes. Parmi lesquelles Klebsiella pneumoniae, une bacille Gram négatif de la famille des Enterobacteriaceae, qui présentent une résistance aux carbapénèmes (CRE), quel que soit leur profil de production de carbapénèmases.

En 2019, environ 4,95 millions de décès étaient liés à cette résistance bactérienne aux antimicrobiens, classée par l’OMS comme l’une des dix principales menaces mondiales pour la santé publique. L’organisation mondiale s’inquiète de l’augmentation de l’antibiorésistance et l’émergence de nouveaux mécanismes de résistance qui rendent les infections beaucoup plus difficiles à traiter. Cette difficulté représente un défi majeur pour le monde scientifique et médical.

Photorhabdus et Xenorhabdus, deux bactéries aux qualités uniques

Nosopharm, une entreprise de biotechnologie innovante spécialisée dans la recherche thérapeutique anti-infectieuse, travaille depuis dix ans à résoudre ce problème. Elle développe et optimise une plateforme unique de découverte de médicaments. Ses programmes de R&D sont basés sur l’exploitation pharmacologique de Photorhabdus et Xenorhabdus, deux bactéries productrices d’antimicrobiens à l’origine du pipeline novateur de thérapies révolutionnaires de Nosopharm.

Ces bactéries produisent une grande diversité de petites molécules qui interagissent avec leurs homologues au sein du microbiote, ainsi que leurs concurrents et prédateurs microbiens. Grâce à leurs qualités uniques, elles apparaissent très pertinentes pour découvrir de nouvelles thérapies innovantes destinées à la santé humaine et animale. Nosopharm travaille avec des partenaires industriels et académiques pour mettre à disposition sa plateforme innovante en faveur de programmes collaboratifs de découverte de médicaments.

Un nouveau conseil de surveillance

Le groupe pharmaceutique lyonnais a présenté, en juin 2022, les résultats positions des études de toxicologie BPL de son antibiotique first-in-class NOSO-502. Ce candidat-médicament est issu de la nouvelle classe antibiotique des odilhorabdines, découvert par Nosopharm à partir de la bactérie Xenorhabdus. Il vise le traitement des principales infections nosocomiales causées par les bactéries multi-résistantes Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae et Enterobacter spp.

D’après les résultats du test, NOSO-502 inhibe le ribosome bactérien à l’aide d’un nouveau mécanisme d’action. Une bonne nouvelle pour Nosopharm, qui pouvait désormais préparer une demande d’autorisation d’essai clinique chez l’Homme, avant une prochaine mise sur le marché. Quelques semaines après cette annonce, en juillet 2022, l’entreprise a remanié son conseil de surveillance. Elle a principalement nommé Jacques Dumas à la présidence, à la suite de Jacques Biton. Cinq autres experts en biologie et chimie ont intégré l’organe.

Pleine confiance en Jacques Dumas et son équipe

Jacques Dumas et son équipe devront mettre en place de nouveaux partenariats stratégiques et préparer la prochaine levée de fonds. Et surtout ils devront poursuivre le développement de l’antibiotique révolutionnaire NOSO-502 jusqu’à la phase 1 des essais cliniques. S’ils réussissent, ce sera une avancée majeure dans le traitement des infections nosocomiales et de la résistance aux antibiotiques.

Philippe Villain-Guillot, co-fondateur et président du directoire de Nosopharm, croit que le « nouveau conseil de surveillance facilitera les collaborations de premier plan » afin de développer le pipeline du groupe et faire avancer ses programmes prometteurs de découverte de médicaments. Pour sa part, Jacques Dumas exprime sa joie de se voir confier une telle mission. Il mise sur « la plateforme unique de découverte de médicaments de Nosopharm, basée sur Photorhabdus et Xenorhabdus, pour découvrir des anti-infectieux first-in-class et aider à lutter contre l’antibiorésistance. ».

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