Malgré les menaces de boycott de l’UEFA, la FIFA maintient son projet d’ouverture aux investisseurs privés

La FIFA ne compte pas revenir sur son projet d’ouverture de certaines de ses activités à des investisseurs privés. Alors que l’UEFA a menacé de boycotter les compétitions organisées par l’instance mondiale si cette réforme était maintenue, la fédération présidée par Gianni Infantino a confirmé, vendredi 31 juillet, sa volonté de poursuivre le processus de consultation engagé auprès de ses 211 fédérations membres.

Dans un communiqué, la FIFA affirme avoir pris acte des critiques exprimées par plusieurs confédérations, tout en défendant une démarche qu’elle présente comme transparente et démocratique. Selon elle, chaque fédération doit pouvoir se prononcer sur la base d’informations fiables, estimant que de nombreuses réactions ont été influencées par des informations incomplètes ou erronées relayées ces derniers jours.

Le projet prévoit la création d’une nouvelle structure, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), destinée à financer le développement du football à l’échelle mondiale. L’objectif affiché est de mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années. Pour y parvenir, la FIFA envisage de céder environ 20 % du capital de cette nouvelle société à des investisseurs privés, ce qui permettrait de lever près de 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation estimée à 20 milliards.

L’annonce de cette réforme a toutefois suscité de nombreuses réserves. Parmi les investisseurs évoqués figure notamment le fonds Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Cette perspective alimente les interrogations sur les liens entre la gouvernance de la FIFA et certains acteurs économiques proches du président américain, avec lequel Gianni Infantino a affiché à plusieurs reprises sa proximité, notamment durant la Coupe du monde 2026.

Face à ces critiques, la FIFA rejette toute idée de privatisation du football. L’organisation insiste sur le fait que les investisseurs resteraient minoritaires et qu’ils ne prendraient pas le contrôle des compétitions ni des décisions sportives. « Personne n’est en train de vendre le football », assure l’instance, qui affirme vouloir uniquement diversifier ses sources de financement afin d’accélérer le développement du football dans le monde.

L’opposition la plus ferme est venue de l’UEFA. Réunie à l’unanimité, la confédération européenne estime que cette réforme risque de faire primer les intérêts des futurs actionnaires sur ceux du football. Elle critique également une préparation menée sans véritable concertation et prévient que les sélections européennes pourraient renoncer à participer aux compétitions de la FIFA, y compris à la Coupe du monde, si le projet n’était pas abandonné.

La Concacaf, qui représente les fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a également fait connaître son opposition au projet, renforçant la pression sur la FIFA.

L’instance mondiale refuse toutefois de céder. Elle rappelle qu’aucune confédération ne peut parler au nom de l’ensemble des 211 fédérations affiliées et souligne que chacune d’entre elles disposera de son propre vote. Les associations membres ont jusqu’au 19 septembre pour faire connaître leur position, un calendrier vivement critiqué par l’UEFA, qui y voit une procédure précipitée et une forme de pression exercée sur les fédérations.

Cette consultation intervient dans un contexte politique particulier pour Gianni Infantino. Le président de la FIFA doit briguer un nouveau mandat lors de l’élection prévue en mars 2027 et demeure, à ce stade, le seul candidat officiellement déclaré. La manière dont sera accueillie cette réforme pourrait donc peser sur la fin de son mandat et sur sa campagne pour un nouveau renouvellement.

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