Pétrole : les inquiétudes sur le stockage font de nouveau plonger les cours

 

Malgré les promesses de réduction de la production par les pays de l’Opep, les cours du pétrole plongent à nouveau. Lundi, le « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, a ainsi chuté de 9,3 % à 15,36 dollars dans les échanges électroniques. Cette situation est due aux inquiétudes concernant le stockage et la faiblesse de la demande.

Une pression sur les prix du pétrole à cause du coronavirus

Dans la matinée, Le baril américain a plongé de plus de 9 % sur le marché asiatique. Le « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, a lui chuté de 9,3 % à 15,36 dollars dans les échanges électroniques. Quant au baril de Brent, référence européenne, il a perdu 3,2 % à 20,75 dollars.

Ces dernières semaines, les prix se sont effondrés en raison de la chute de la demande provoquée par des blocages et restrictions de voyage imposées à travers le monde pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Lors de la semaine écoulée, le WTI a même fini en terrain négatif lors de deux séances, avant de rebondir. Le souci actuel porte sur les installations de stockage, notamment aux États-Unis, qui n’ont pas les capacités de répondre à l’offre excédentaire. « L’inquiétude à propos de l’augmentation des stocks mondiaux, en particulier aux États-Unis, où la pandémie de coronavirus pèse sur la consommation d’essence, entraîne une pression sur les prix du pétrole », a expliqué Kim Kwangrae, analyste des matières premières chez Samsung Futures Inc, sur Bloomberg News.

L’Opep a promis de réduire de dix millions de barils par jour sa production

Ces inquiétudes persistantes sur le stockage ont éclipsé l’imminence de la réduction de la production mondiale de pétrole. Début avril, les principaux pays producteurs rassemblés au sein de l’Opep et leurs alliés menés par la Russie avaient décidé de réduire de dix millions de barils par jour leur production à partir du 1er mai. Ce qui représente une réduction d’environ 10% de l’offre mondiale. Cet accord marquait la fin de la guerre des prix qui opposait la Russie et l’Arabie saoudite. Mais il sera largement insuffisant pour compenser la chute sans précédent de la demande, estimée par Rystad à -27 % en avril et -20 % en mai. Sur l’ensemble de l’année 2020, la consommation de pétrole de la planète reculerait de plus de 10 %.

Selon les analystes, la seule solution pour rééquilibrer le marché à court terme serait de réduire également la production dans les pays non-membres de l’Opep. Le Brésil le fait déjà, ainsi que le Canada et les Etats-Unis.

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