Émeutes au Chili : le gouvernement durcit le ton

 

Après la mort d’au moins onze personnes au Chili, lors d’émeutes provoquées par la hausse du prix du métro, le gouvernement a décidé de durcir le ton. Dimanche, le président Sebastian Piñera a décrété l’état d’urgence dans de nombreuses villes du pays et maintenu le couvre-feu.

Le président chilien s’emporte

« Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable (…) qui a l’organisation et la logistique propres à une organisation criminelle. », a déclaré dimanche 20 octobre le président chilien, Sebastian Piñera. Tout en réitérant son soutien au général Javier Iturriaga, qu’il a chargé du maintien de l’ordre dans le pays, il a rappelé que « La démocratie a le droit et le devoir de se défendre. ». Le président chilien a même qualifié les manifestants de « délinquants qui ne respectent rien ni personne et qui incendient notre pays ».

Depuis deux semaines, le Chili a brutalement basculé dans un climat de violences après la mort d’au moins sept personnes lors d’affrontements et d’incendies criminels à Santiago, la capitale. Ce weekend, quatre autres personnes ont trouvé la mort au cours de nouvelles manifestations, portant le tout à onze. Face à ces violences, le gouvernement a décidé de durcir le ton en prenant des mesures tous azimuts : Couvre-feu, état d’urgence, déploiement de militaires dans les villes…Au lieu de régler la crise, la riposte du président Sebastian Piñera risque de mettre de l’huile sur le feu.

Causes immédiate et profonde du conflit

Le mouvement de contestation est parti des lycéens et des étudiants il y a deux semaines à Santiago avant de s’étendre à d’autres villes du pays. Il est né de la hausse du prix du titre de transport, mais selon plusieurs politiques, les racines du mal sont plus profondes. « Il s’agit en fait d’un ras-le-bol accumulé sur un ensemble de mesures et de problèmes sociaux autour de la santé, des transports, de l’éducation ou des retraites, a expliqué sur France 24, Franck Gaudichaud, politologue à l’université de Grenoble et spécialiste du Chili. C’est aussi l’héritage maudit de la dictature Pinochet qui continue à peser sur le Chili ».

« Nous allons continuer jusqu’à ce que ce gouvernement nous donne des solutions »

Le Chili est l’un des pays les plus inégalitaires de l’OCDE. Selon les Nations unies, 1 % des Chiliens concentrent plus de 25 % des richesses du pays. La moitié des travailleurs gagne moins de 500 euros par mois. Dans ce contexte, le prix du ticket de métro à Santiago devient difficile à payer. Dimanche, le président Sebastian Piñera a confirmé que la hausse du prix du ticket de métro, qui devait être relevé de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euros), serait annulée. Cette annonce n’a pas suffi à apaiser la colère des Chiliens, qui se disent déterminés à aller jusqu’au bout. « Nous allons continuer jusqu’à ce que ce gouvernement nous donne des solutions pour que nous puissions vivre notre vie dignement », affirme Pilar Borges, la soixantaine, selon qui les Chiliens « sont lassé de l’injustice sociale. ».

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