CETA : Le saumon transgénique canadien déjà dans nos assiettes ?

Jeudi matin sur Europe 1, Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national (ex FN) aux Européennes, a évoqué la probable importation du saumon transgénique canadien en Europe, aux noms des accords commerciaux de 2017. Sa déclaration a fait naître des inquiétudes chez bon nombre d’associations.

« Il est impossible de distinguer un saumon d’origine naturelle d’un saumon transgénique » 

Sur les ondes d’Europe 1, ce jeudi 28 février 2019, Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national aux Européennes, a laissé entendre qu’il y avait une réelle possibilité que le saumon transgénique canadienne atterrisse dans nos assiettes en France. Cette importation du saumon transgénique se ferait en vertu des accords commerciaux entre l’UE et le Gouvernement canadien signés en 2017. Le porte-parole et membre du bureau national du RN soutient d’abord qu’« On peut aujourd’hui consommer du saumon transgénique ». Il explique ensuite pourquoi c’est possible de retrouver le saumon canadien dans nos assiettes : « Le saumon transgénique nous vient de ces accords de libre-échange avec le Canada, avec le CETA. Vous savez que le système de contrôle étant très restreint au Canada, il est impossible de distinguer un saumon d’origine naturelle d’un saumon transgénique ». Et pour ne pas arranger les choses, ajoute le candidat du RN au Européennes, « les contrôles sont très faibles au sein même de l’Union européenne ». Alors il y a-t-il vraiment matière à s’inquiéter d’une probable présence du saumon transgénique canadien sur nos marchés ?

Un accord qui ne concerne pas le saumon transgénique

Il faut d’abord préciser que L’UE a effectivement signé un traité de libre-échange avec le Canada, dénommé CETA. Il instaure une baisse des droits de douane de 2 à 0 % pour le saumon. Mais le saumon transgénique n’est pas encore autorisé. Egalement connu sous le nom de saumon AquaAdvantage, ce poisson est génétiquement modifié, ce qui lui permet de se développer rapidement. En seulement dix-huit mois, il est déjà apte à la consommation alors que le saumon naturel ne l’est qu’à partir de 3 ans.

Il y aurait réellement un risque que ce saumon soit importé en Europe car sa traçabilité ne serait pas parfaite. C’est l’avis de Samuel Leré, de la fondation pour la nature et l’homme : « Il n’y a aucune obligation d’étiquetage des produits OGM au Canada » a-t-il déclaré. C’est pourquoi, il juge impératif que le saumon canadien fasse l’objet d’un étiquetage explicite pour démêler le transgénique du non génétiquement modifié.

La commission européenne rassure

Les associations de consommateurs s’inquiètent aussi de la possibilité que ce poisson débarque en Europe. Et avec le développement de la production chez Aquabonty (250 tonnes), le risque devient bien réel. Mais la Commission européenne rassure tout le monde : « l’étiquetage obligatoire en vigueur dans l’Union européenne s’appliquerait, et ce, quelles que soient les règles d’étiquetage en vigueur hors UE ». D’ailleurs, ajoute la Commission, les contrôles sont effectués au départ du Canada et à l’arrivée sur le marché européen. Alors il n’y aurait pas de souci à se faire.

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