Sécheresse dans le Finistère : les habitants appelés à réduire fortement leur consommation d’eau
Le Finistère fait face à une sécheresse inhabituelle qui menace l’approvisionnement en eau potable de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Après trois mois de précipitations très insuffisantes, les réserves atteignent des niveaux particulièrement bas. Face au risque de pénurie, les élus locaux demandent à la population et aux entreprises de diminuer rapidement leur consommation afin d’éviter des restrictions plus importantes.
Des réserves d’eau à un niveau préoccupant
La situation devient particulièrement tendue dans le pays de Brest. Ce jeudi 8 octobre, les responsables locaux ont alerté sur la diminution rapide des réserves d’eau, alors que les précipitations se font rares depuis plusieurs mois.
Dans le Finistère, le déficit pluviométrique atteint 60 % sur les trois derniers mois par rapport aux normales saisonnières. Cette situation affecte directement les ressources utilisées pour alimenter la population en eau potable.
Le lac du Drennec, qui contribue à l’approvisionnement de l’usine de traitement de Pont-Ar-Bled, ne contient plus qu’environ un tiers de son volume maximal. Cette installation dessert près de 310 000 habitants, ce qui rend la situation particulièrement préoccupante pour l’agglomération brestoise et les communes environnantes.
Selon les responsables du territoire, les réserves disponibles pourraient devenir insuffisantes en moins d’un mois si les consommations ne diminuent pas et si les précipitations restent aussi faibles.
Les habitants invités à diviser leur consommation par deux
Face à cette situation, le maire de Brest et président de Brest Métropole, Stéphane Roudaut, a appelé les habitants à modifier immédiatement leurs habitudes.
Les collectivités recommandent notamment de supprimer les usages non indispensables, comme le lavage des véhicules ou les bains, et de limiter autant que possible les volumes d’eau utilisés au quotidien.
L’effort demandé concerne également les entreprises, notamment les acteurs industriels et agroalimentaires, dont les activités peuvent nécessiter d’importantes quantités d’eau.
Philippe Rybski, directeur du syndicat du bassin de l’Elorn, estime que les habitants du Nord-Finistère devraient réduire leur consommation d’environ 50 % pour limiter le risque de rupture d’approvisionnement.
Les autorités locales espèrent que cette mobilisation collective permettra d’éviter des mesures de restriction plus sévères dans les prochaines semaines.
Une Bretagne particulièrement vulnérable au manque d’eau
Cette sécheresse met en évidence une fragilité parfois méconnue de la Bretagne. Malgré sa réputation de région pluvieuse, son approvisionnement dépend largement des eaux de surface.
Environ 75 % de l’eau potable bretonne provient des rivières, des fleuves et des retenues d’eau. Contrairement à certains territoires disposant d’importantes nappes souterraines, la région bénéficie de capacités de stockage naturel plus limitées en raison de la nature de son sous-sol.
Les périodes prolongées sans pluie peuvent donc entraîner une diminution rapide des ressources disponibles.
La crise dépasse d’ailleurs le seul Finistère. D’après les données communiquées par le ministère de la Transition écologique, environ 94 000 personnes étaient privées d’eau du robinet en France métropolitaine à la fin du mois de septembre.
Dans le Finistère, la préfecture doit également rappeler ce vendredi 9 octobre l’urgence de préserver les ressources disponibles. Pour les collectivités, l’objectif est désormais d’obtenir une baisse immédiate de la consommation, dans l’attente de précipitations suffisantes pour reconstituer les réserves.
