France : l’Église de la honte

Le clergé catholique français a constamment abusé des enfants et d’autres personnes en situation de vulnérabilité au cours des 70 dernières années, selon les conclusions d’un rapport consacré à ce sujet d’envergure mondiale.

C’est l’histoire d’un lieu de refuge transformé en un cauchemar pour de vulnérables âmes. L’Église catholique française est au cœur d’un scandale d’une ampleur inédite, à travers la révélation des multiples cas d’abus sexuel perpétrés par ses membres en toute impunité.

Selon le rapport Sauvé, du nom du président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), le clergé de France s’est rendu coupable d’actes de pédophilie sur 216 000 enfants, pour la plupart des garçons âgés de 10 à 13 ans. Ce chiffre monte à 330 000 si l’on inclut les auteurs intervenant dans l’église en tant que personnes laïques.

Les bourreaux dont des hommes en grande partie, sont quant à eux évalués à 3 200 avec une intensification des actes entre 1950 et 1970. Mais cela a connu une résurgence au début des années 1990, selon la CIASE qui précise que ces chiffres relèvent d’une estimation minimale.

Silence coupable

C’est dire l’ampleur de cette horreur qui aura duré plusieurs décennies sous le regard coupable des responsables de l’Église. Jean-Marc Sauvé a notamment indiqué au moment de dévoiler les conclusions de son rapport mardi 5 octobre que le premier réflexe du clergé a été de jeter un voile pudique sur ce phénomène en regardant les auteurs continuer dans leur sale besogne. Cette indifférence préjudiciable aux victimes s’est poursuivie jusqu’à l’entame des années 2000, ajoute la CIASE créée fin 2018 pour faire la lumière sur ces cas d’abus sexuel au sein de l’Église qui éclaboussent nombre de clergés à travers le monde.

Pour parvenir à ces conclusions qualifiées par les plus hautes figures de l’Église actuelle de véritable déflagration, la Commission a procédé à un appel à témoignage et des auditions des victimes ou de leurs proches. Elle a également compilé des archives du ministère français de la Justice et celui de l’Intérieur.

Et la suite ?

Sitôt les résultats des travaux publiés, le pape François souvent critiqué pour la lenteur de ses réformes en matière de lutte contre les actes de pédocriminalité dans l’Église catholique romaine a exprimé sa consternation, demandant pardon aux victimes. Ces dernières reconnaissent le franchissement d’un premier pas sur le chemin de la vérité, mais en attendent plus. D’autant que nombreux d’entre les prédateurs sont aujourd’hui décédés et les faits sont pour la plupart prescrits. Un système de contribution financière à l’endroit des victimes est envisagé.

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