Exploitation de l’hydrogène naturel : qu’en est-il en France ?

Depuis sa découverte sur plusieurs continents, il y a dix ans, l’hydrogène naturel fait partie des ressources qualifiées pour la transition écologique. Mais, son exploitation prend du retard. A ce jour, seuls le Kansas (Etats Unis) et le Mali ont lancé une production.

L’hydrogène est la nouvelle star des énergies renouvelables depuis quelques mois. Bon nombre de gouvernements lui ont réservé des plans à plusieurs milliards d’euros. La France, notamment, a prévu 7 milliards d’euros pour en démocratiser l’usage et l’Allemagne 9 milliards pour en devenir le numéro Un. Mais précisons qu’il s’agit ici de l’hydrogène vert, qui est produit par électrolyse en privilégiant les énergies renouvelables. Ce procédé permet de s’affranchir des fortes émissions de CO2 générées par la production de l’hydrogène gris. Toutefois, il revient trois fois plus cher et son rendement reste faible. D’où une part de seulement 5% dans la production totale de l’hydrogène. Le reste provenant du gris.

Par ailleurs, l’hydrogène vert est dans le viseur des organisations de protection de l’environnement parce qu’à l’origine du gaspillage de ressources. En effet, sa production nécessite la consommation d’énormes quantités d’eau et d’électricité. Et quand cette électricité provient du solaire, il se pose aussi le problème des espaces. Doit-on détruire des hectares de forêts pour construire de vastes champs de panneaux solaires ? Face à toutes ces contraintes, des voix s’élèvent de plus en plus pour demander aux décideurs publics de donner sa chance à l’hydrogène naturel, qui se trouve sous nos pieds. Aussi appelée hydrogène natif, cette ressource est présentée comme totalement vertueuse (renouvelable, abondante, propre, sans émission de CO2 et moins chère à fabriquer).

De l’hydrogène natif détecté en France

Des chercheurs français (Alain Prinzhofer et Éric Derville) ont identifié des réservoirs dans plusieurs pays, même en France. Il existe des puits d’hydrogène naturel dans le fossé Rhénan, le Jura externe, le bassin de Paris, dans le Cotentin et les Pyrénées, entre autres. Par ailleurs, « il y a de l’hydrogène naturel dans l’eau à plusieurs milliers de mètres de profondeur. Mais il y a aussi des sources à plus ou moins 100 mètres, comme celle qui a été découverte au Mali en 1987, lors d’une opération de forage pour trouver de l’eau », a révélé Nicolas Pelissier, Cofondateur et président de 45-8 Energy, une société qui s’active à faire reconnaître la possible exploitation de l’hydrogène blanc (naturel) en France.

Le Mali, pionnier de l’hydrogène naturel grâce à Hydroma

Mali, l’hydrogène naturel fait l’objet d’exploitation depuis 2012. Hydroma, la compagnie fondée par le milliardaire Aliou Diallo, transforme cette ressource en électricité verte pour le village de Bourakébougou. Après huit ans de forage et d’exploitation, son PDG a récemment annoncé le lancement d’une production industrielle. Celle-ci devrait lancer l’industrialisation du Mali. Puis l’excédent sera exporté vers les pays d’Afrique de l’Ouest, puis vers l’Europe via un futur pipeline de 4700 kilomètres. Pour ce projet, Aliou Diallo n’a pas eu besoin de matériel particulier. Les puits d’extraction de l’hydrogène naturel étant assimilables à ceux pour l’eau. L’entrepreneur malien finance également avec des fonds propres cette révolution énergétique. Il prouve ainsi que les défis technologiques et financiers sont surmontables, contrairement à ce que disent les acteurs européens.

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