Caricatures : Macron ne veut pas « changer » notre droit sur la liberté d’expression « parce qu’il choque ailleurs »

 

Dans deux interviews accordées ce lundi, Emmanuel Macron a réaffirmé que la France n’allait pas « changer » son droit sur la liberté d’expression « parce qu’il choque ailleurs ». Le chef de l’Etat s’est également plaint de la couverture des récentes attaques par les médias anglais et américains, les accusant de « légitimer » la violence.

Emmanuel Macron a accordé, ce lundi 16 novembre 2020, une double interview à la revue Le Grand Continent et au quotidien américain The New York Times pour réaffirmer le droit à la liberté d’expression en France. Le chef de l’Etat a assuré que notre pays n’allait pas « changer » ce droit « parce qu’il choque ailleurs ». « On a eu, de manière structurée, des dirigeants politiques et religieux d’une partie du monde musulman – qui a toutefois intimidé l’autre, je suis obligé de le reconnaître – disant : ‘’ils n’ont qu’à changer leur droit’’. Ceci me choque », a indiqué Emmanuel Macron dans Le Grand Continent.

Le chef de l’Etat fait ainsi référence aux appels à manifester contre la France et lui-même dans plusieurs pays musulmans après ses propos défendant le droit à la caricature prononcés au cours de l’hommage national à Samuel Paty. Ce professeur d’histoire géographie a été décapité à Conflans après avoir montré un dessin du Prophète Mahomet en classe.

Débattre au lieu d’en venir aux mains

« Ne nous laissons pas enfermer dans le camp de ceux qui ne respecteraient pas les différences. C’est un faux procès et une manipulation de l’Histoire », a lancé Emmanuel Macron. De ce fait, « le combat de notre génération en Europe, ce sera un combat pour nos libertés. Parce qu’elles sont en train de basculer », a-t-il poursuivi. Pour le locataire de l’Elysée, « c’est précisément parce que la haine est interdite dans nos valeurs européennes, que la dignité de la personne humaine prévaut sur le reste, que je peux vous choquer, parce que vous pouvez me choquer en retour. Nous pouvons en débattre et nous disputer parce que nous n’en viendrons jamais aux mains puisque c’est interdit et que la dignité humaine est supérieure à tout ».

Timide soutien des dirigeants face au malheur français

Emmanuel Macron s’est également plaint auprès du The New York Times de la couverture, par plusieurs médias de langue anglaise, des récents attentats djihadistes en France, les accusant de « légitimer » la violence de par leur incompréhension du contexte français. « Quand je vois de nombreux journaux qui je pense viennent de pays qui partagent nos valeurs, qui écrivent dans un pays qui est l’enfant naturel des Lumières et de la Révolution française, et qui légitiment ces violences, qui disent que le cœur du problème, c’est que la France est raciste et islamophobe, je dis : les fondamentaux sont perdus », a insisté le président français.

Il a aussi dénoncé la timide réaction des dirigeants du monde entier suite aux attentats de Conflans et de Nice en octobre. « Il y a cinq ans, quand on a tué ceux qui faisaient des caricatures, le monde entier défilait à Paris et défendait ces droits (…) Là, nous avons eu un professeur égorgé, plusieurs personnes égorgées. Beaucoup de condoléances ont été pudiques », a regretté Macron.

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