CAN 2025 : chaos, polémique et scènes surréalistes lors de la finale Maroc-Sénégal

La finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), disputée dimanche à Rabat entre le Maroc et le Sénégal, a viré au spectacle inquiétant dans les dernières secondes du temps réglementaire. Entre un penalty litigieux, des joueurs quittant le terrain, des heurts en tribune et même des bagarres en zone presse, l’événement censé célébrer le football africain s’est transformé en psychodrame.

Un penalty qui fait basculer la rencontre

Alors que le score restait bloqué à l’issue des 90 minutes, un contact entre El-Hadj Malick Diouf et Brahim Diaz a suffi à faire s’embraser le stade Prince Moulay-Abdellah. Le milieu madrilène, jusque-là héros de la compétition côté marocain, s’est laissé tomber en accentuant nettement sa chute. Sous les protestations du joueur et la clameur de l’enceinte, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a finalement eu recours à la vidéo, malgré l’entourage hostile des deux bancs et l’intervention des forces de sécurité pour le protéger.

Après visionnage, la sentence tombe : penalty pour le Maroc. La décision met le feu aux poudres dans un contexte déjà chargé, la compétition ayant été marquée par des accusations récurrentes d’arbitrage favorable aux Lions de l’Atlas, pays organisateur.

Les Sénégalais quittent la pelouse

Furieux, les joueurs sénégalais entament un retrait symbolique du terrain, ordonné par leur sélectionneur Pape Thiaw. Certains ont déjà rejoint le couloir menant aux vestiaires lorsque Sadio Mané intervient pour calmer les esprits. L’attaquant, déjà figure majeure de la victoire de 2022 et encore décisif en demi-finale contre l’Égypte, discute longuement à la lisière du terrain avec Walid Regragui et Claude Le Roy, consultant présent en bord de pelouse.

Claude Le Roy a d’ailleurs confié à l’AFP que Mané lui avait demandé quel choix il ferait à sa place. « Je lui ai dit de faire revenir ses coéquipiers », résume l’ancien sélectionneur. Le capitaine sénégalais s’exécute aussitôt, regroupe ses partenaires et les convainc de reprendre le match.

Tribunes sous haute tension

Pendant ce temps, la tension explose dans les gradins. Les forces de sécurité dressent un cordon face aux supporters du « Douzième gaindé », la puissante frange du public sénégalais. Des sièges sont arrachés et projetés sur la pelouse, certains fans tentent même d’enjamber les barrières. Le speaker doit intervenir au micro pour appeler au calme, en français puis en anglais.

Dans la tribune de presse, la nervosité gagne également les rangs : des journalistes marocains et sénégalais en viennent aux mains, selon plusieurs témoins présents sur place.

Le penalty raté qui change tout

Au terme d’une vingtaine de minutes de tumulte, Brahim Diaz se présente finalement face à Édouard Mendy. Le meilleur buteur de la compétition, auteur de cinq réalisations, opte pour une panenka timide… et la manque complètement. Mendy capte sans trembler, et l’image de Diaz amorce la bascule dramatique de cette finale déjà hors normes.

Le Sénégal finira par s’imposer après prolongation, dans un climat encore chargé d’amertume et de critique. Une conclusion sportive noyée dans un chaos qui, déjà, s’impose comme l’un des épisodes les plus rocambolesques de l’histoire récente de la CAN.

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