Santé : Le trouble du jeu vidéo désormais reconnu comme une maladie par l’OMS

 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de reconnaître l’addiction au jeu vidéo comme un trouble à part entière, ou plus justement comme une maladie. Cette nouvelle, qui ne plait évidemment pas à l’industrie du jeu, a suscité des réactions controversées chez les spécialistes et les scientifiques.

Préfères-tu t’enfermer pour une partie de jeu ou suivre les amis pour une petite sortie ?

L’OMS vient de prendre une décision que craignait l’industrie du jeu depuis bientôt deux ans. L’organisation a intégré l’addiction au jeu vidéo à la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11), qui entrera en vigueur dès le 1er janvier 2022. En terme simple, elle reconnait désormais le trouble du jeu vidéo comme une maladie à part entière. La définition qui a été faite du « trouble du jeu vidéo » en juin 2018 a été aussi entérinée. Elle le présente comme « un comportement (…) qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ». Autrement dit, si vous refusez un jour de sortir avec des potes ou des copines pour finir un jeu, c’est que vous êtes atteint de cette nouvelle pathologie. Alors vous devez vous dépêchez de décrocher ou de voir un spécialiste pour vous aider à le faire.

Une classification qui nuirait au business du jeu vidéo

Heureusement, ce trouble ne touche qu’une petite partie des joueurs, de 2 à 4% selon les estimations de l’OMS. Mais cette statistique, somme toute rassurante, n’a pas atténué la colère des industriels du jeu vidéo qui ont beaucoup à perdre de cette classification. Ceux-ci n’ont pas tardé à réagir via un communiqué de deux de leurs principaux syndicats en France. « Cette classification internationale des maladies a été faite sans étude scientifique préalable, sans aucun rapport du groupe d’experts responsables et son processus a manqué cruellement de transparence. Pour une organisation dont les décisions s’appliquent dans le monde entier cela est troublant, pour ne pas dire inquiétant », écrit Julien Villedieu, Délégué Général du SNJV. Emmanuel Martin, Délégué Général du SELL, note pour sa part que « L’absence de soutien général de la communauté scientifique est évidente. Nous savons que les spécialistes de la santé ont eu, et continueront d’avoir des discussions vigoureuses sur les jeux vidéo et sur la santé comportementale ».

Les scientifiques sont divisés sur la question

La communauté scientifique elle-même est profondément divisée. Certains chercheurs estiment que cette classification a été réalisée trop rapidement, et peut mener à une mauvaise prise en charge des soins. Ils appellent à rester « du côté de la prudence » car, « contrairement au tabac ou à l’alcool, rien n’indique que c’est le jeu en lui-même qui crée l’addiction. Il pourrait n’être que l’expression de pathologies préexistantes : vous avez des troubles dépressifs donc vous vous enfermez dans le jeu vidéo, pas l’inverse ». D’autres en revanche pensent que l’on peut effectivement parler d’addiction aux jeux vidéo car jouer trop longtemps peut entraîner des symptômes qu’on retrouve dans d’autres addictions, comme les sautes d’humeur, l’anxiété voire la dépression. C’est cette dernière opinion qui a fondé la décision de l’OMS, qui assure « avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive ».

 

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