JO 2026 : le snowboardcross français repart frustré malgré un bronze salvateur
Attendue parmi les nations dominantes du snowboardcross, l’équipe de France quitte Livigno avec une seule médaille, en bronze, décrochée lors de l’épreuve mixte. Une performance en deçà des ambitions affichées, qui interroge autant sur les conditions de course que sur la capacité des Bleus à gérer la pression olympique.
Une semaine loin des objectifs annoncés
À Livigno, au cœur des Alpes italiennes, l’équipe de France de snowboardcross espérait marquer ces Jeux olympiques 2026 de son empreinte. Forte d’un collectif expérimenté et d’une nouvelle génération prometteuse, elle figurait parmi les favorites pour les podiums, notamment en individuel. Pourtant, le verdict est tombé sans appel : aucun rider tricolore n’est parvenu à décrocher une médaille dans les épreuves individuelles.
Chez les hommes, la déception est d’autant plus vive que plusieurs Français ont flirté avec le podium sans jamais l’atteindre. Aïdan Chollet termine quatrième, Loan Bozzolo cinquième et Jonas Chollet sixième. Des résultats honorables sur le papier, mais insuffisants au regard des ambitions. L’entraîneur en chef Kévin Strucl ne cache pas son amertume. Pour lui, ces places d’honneur restent synonymes d’échec dans un contexte olympique où seule la médaille compte réellement.
Du côté féminin, le constat est tout aussi cruel. Aucune Française n’est parvenue à se hisser en finale. Chloé Trespeuch, porte-drapeau de la délégation tricolore et habituée des grands rendez-vous, n’a pas réussi à trouver la clé. Quant à Léa Casta, seulement âgée de 19 ans et récente gagnante du classement général de la Coupe du monde, elle a vécu une désillusion brutale. Huitième de la petite finale, elle n’a pas pu contenir son émotion à l’arrivée, mesurant la portée de cette occasion manquée.
Une piste en décalage avec les forces françaises
Rapidement, la question du tracé s’est imposée comme un élément central de l’analyse. La piste de Livigno présentait un profil inhabituel : relativement plate, rapide, avec peu d’éléments techniques et presque aucun relief permettant d’exploiter pleinement les qualités d’amorti et de lecture du terrain qui caractérisent traditionnellement les snowboardeurs français.
Chloé Trespeuch reconnaît que l’équipe a eu du mal à s’adapter à ce type de parcours. Selon elle, la moindre erreur se payait immédiatement, sans possibilité de compenser grâce à des qualités techniques plus fines. Ce constat est partagé par Pierre Vaultier, double champion olympique et observateur attentif. Il souligne que l’absence de sections techniques a privé les Français d’un avantage majeur : leur capacité à absorber les reliefs et à optimiser les trajectoires.
Pour autant, personne au sein du staff ne souhaite faire de ce paramètre une excuse. Kévin Strucl rappelle que ses athlètes ont déjà brillé sur des pistes similaires par le passé. Le problème ne se résume donc pas uniquement à une question de tracé.
La pression olympique, un facteur déterminant
Au-delà des aspects techniques, la dimension mentale apparaît comme un facteur déterminant. Les Jeux olympiques représentent un environnement unique, où chaque détail prend une importance décuplée. Loan Bozzolo évoque lui-même la pression particulière qui accompagne cet événement, capable de perturber même les athlètes les plus expérimentés.
Certains membres de l’équipe reconnaissent également que leur statut de favoris a pu peser. Julia Nirani-Pereira admet que le collectif arrivait avec une grande confiance, peut-être excessive. Cette prise de conscience témoigne d’un groupe lucide, capable d’identifier ses propres limites.
Malgré tout, les performances n’ont pas été catastrophiques. Plusieurs Français ont montré un excellent niveau lors des phases de départ, preuve que la préparation physique et le matériel étaient à la hauteur. Mais dans une discipline aussi imprévisible que le snowboardcross, ces éléments ne suffisent pas toujours à faire la différence.
Le bronze en mixte, une consolation bienvenue
Face à ce bilan décevant, l’épreuve par équipes mixtes représentait la dernière opportunité de sauver ces Jeux. Loan Bozzolo et Léa Casta ont su répondre présent, décrochant la médaille de bronze au terme d’une course intense. Ce podium permet à la France d’éviter un départ sans récompense, une situation qui ne s’était jamais produite depuis l’introduction du snowboardcross au programme olympique en 2006.
Pour Léa Casta, cette médaille a une valeur particulière. Après sa désillusion en individuel, elle a su trouver les ressources pour rebondir. Elle évoque le soutien de son coéquipier et le plaisir retrouvé sur la neige, des éléments essentiels pour surmonter la déception précédente.
Kévin Strucl souligne l’importance symbolique de cette médaille, qui redonne confiance à l’ensemble du groupe. Elle confirme également la profondeur du collectif français, capable de réagir dans les moments difficiles.
Un collectif jeune tourné vers l’avenir
Malgré ce bilan en demi-teinte, l’équipe de France conserve des raisons d’espérer. Plusieurs riders participaient à leurs premiers Jeux et ont accumulé une expérience précieuse. Aïdan Chollet, notamment, a montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs.
Pierre Vaultier insiste sur la nécessité de tirer les enseignements de cette compétition. Selon lui, le potentiel est intact, mais il faudra ajuster certains aspects pour retrouver le sommet. Cette analyse est partagée par les athlètes eux-mêmes, qui évoquent déjà la prochaine olympiade comme un objectif majeur.
Les Jeux de Milan-Cortina se referment donc sur un sentiment mêlé de frustration et de détermination. La médaille de bronze obtenue en mixte ne suffit pas à masquer la déception des épreuves individuelles, mais elle évite un échec total.
À quatre ans des Jeux olympiques de 2030, organisés dans les Alpes françaises, l’équipe de France dispose désormais d’un cap clair. Ce rendez-vous à domicile représentera une occasion unique de confirmer son statut et de transformer les leçons de Livigno en succès.
