La consommation de ménage a reculé de 0,6% en décembre
La consommation des ménages français a de nouveau reculé en décembre, confirmant une fin d’année marquée par une demande toujours fragile. Selon les chiffres publiés vendredi 30 janvier par l’Insee, les dépenses de consommation en biens ont diminué de 0,6 % en volume sur le mois, après un premier repli de 0,3 % en novembre.
Cette baisse consécutive illustre la prudence persistante des ménages, en particulier vis-à-vis des achats de biens fabriqués, qui constituent le principal facteur de contraction de la consommation en décembre.
Les biens fabriqués de nouveau en net repli
Dans le détail, la consommation de biens fabriqués s’est contractée de 1 % sur le seul mois de décembre, après avoir pourtant progressé de 0,5 % en novembre. Cette évolution pèse lourdement sur l’ensemble de la consommation, les autres postes ne parvenant pas à compenser ce recul.
Les dépenses en biens durables enregistrent ainsi une baisse marquée de 1,2 %, après une hausse de 0,4 % le mois précédent. Ce retournement s’explique en grande partie par la chute des achats de biens d’équipement du logement, qui diminuent de 0,7 %, alors qu’ils avaient progressé de 1,7 % en novembre.
Les achats de meubles figurent parmi les principales sources de faiblesse. Les dépenses liées aux matériels de transport sont également en repli, avec une baisse de 0,7 %, identique à celle observée en novembre. Les achats de véhicules neufs continuent notamment de reculer.
Une fin de trimestre toutefois un peu plus dynamique
Sur une période plus large, la tendance apparaît moins dégradée. Sur l’ensemble du quatrième trimestre 2025, la consommation des ménages en biens progresse de 0,4 %, après une hausse limitée à 0,1 % au troisième trimestre.
D’après l’institut statistique, cette amélioration trimestrielle s’explique par plusieurs mouvements contrastés. La consommation de biens fabriqués repart à la hausse sur le trimestre, la consommation d’énergie ralentit légèrement, tandis que la consommation alimentaire demeure globalement stable.
Autrement dit, malgré un mois de décembre difficile, la fin d’année 2025 n’a pas été totalement défavorable du point de vue de la consommation en volume.
Une croissance de 0,9 % en 2025 en France
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte macroéconomique marqué par une croissance modérée. Toujours selon l’Insee, le produit intérieur brut de la France a progressé de 0,9 % sur l’ensemble de l’année 2025.
Ce rythme est inférieur à celui observé les années précédentes, après une croissance de 1,1 % en 2024 et de 1,6 % en 2023. Sur le dernier trimestre de l’année, l’activité a augmenté de 0,2 %.
Ce chiffre annuel de 0,9 % correspond globalement aux anticipations formulées par la majorité des économistes ces dernières semaines. Il s’avère en revanche supérieur à la prévision initiale du gouvernement, qui tablait sur une croissance de 0,7 %. Certains analystes s’étaient toutefois montrés plus optimistes concernant la fin d’année, anticipant une progression trimestrielle de l’ordre de 0,3 % à 0,4 %.
La demande intérieure soutient encore l’activité
En 2025, la demande intérieure, hors variation de stocks, a légèrement accéléré. Elle contribue à la croissance à hauteur de 0,7 point, après une contribution de 0,6 point en 2024.
Cette contribution repose essentiellement sur la consommation des ménages et celle des administrations publiques, qui apportent ensemble 0,6 point à la croissance, après 0,8 point l’année précédente. L’investissement, de son côté, apparaît quasiment stable sur l’année, alors qu’il avait retranché 0,3 point à la croissance en 2024.
Ce soutien de la demande intérieure n’a toutefois pas suffi à compenser la dégradation de la contribution extérieure.
Le commerce extérieur pèse sur la croissance
Après deux années durant lesquelles il avait contribué positivement à l’activité, le commerce extérieur est redevenu un facteur de ralentissement en 2025. Sa contribution à l’évolution du PIB est négative à hauteur de 0,5 point, après un apport positif de 1,3 point en 2024.
À l’inverse, les variations de stocks ont joué un rôle favorable cette année, avec une contribution de 0,7 point à la croissance, après une contribution négative de 0,8 point l’an passé.
Dans ce contexte, la nouvelle contraction de la consommation des ménages en décembre souligne la fragilité de la dynamique de la demande privée à l’entrée de 2026, alors même que la croissance française repose toujours largement sur la consommation pour soutenir l’activité.
